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Response from the owner
4 mois plus tôt
Merci pour ce grand moment de lecture – nous avons sorti le pop-corn en découvrant votre scénario, pardon, récit...Il est vrai que votre venue restera dans les annales… Dès vos nombreux appels concernant votre futur « chapon », nous avions compris que la soirée risquait d’être singulière.À votre arrivée, après avoir manqué l’entrée du parking, nous avons garé votre voiture pour vous. Une fois installés, aucune table ne trouvait grâce à vos yeux. Nous vous en avons proposé quatre, en plein mois d’août, alors que le restaurant était complet.Puis est arrivé l’épisode du poisson. Plus qu’un simple malentendu, vous avez offert à l’ensemble de nos clients un véritable spectacle improvisé, mêlant menaces d’appeler le service des fraudes, de faire intervenir la gendarmerie (c’est à cet instant que nous vous avons mentionné connaître également les gendarmes qui se trouvaient à la sortie du village…) — un moment « hors du temps » que, en 38 ans de métier, nous n’avions jamais vu. Les tables voisines, elles, sont restées bouche bée et atterrées par votre comportement déplacé.Concernant "ledit poisson", il semblerait à votre description précise, que vous auriez souhaité être en cuisine avec notre équipe afin de le préparer... Aurions-nous dû aussi vous accompagner sur le port de Pinarello afin de vous prouver que le chapon était bien issu de la pêche locale ?De plus, par souci d’honnêteté, nous avons immédiatement rectifié le tir en divisant le prix par deux, afin d'ajuster le prix au poids du poisson, preuve de notre bonne foi.Vous évoquez avec nostalgie Paul Baggione, figure marquante de la maison il y a 15 ans... Nous aussi, gardons de beaux souvenirs de cette époque. Nous avons tenté de reproduire au plus près la fameuse recette de chapon grillé, mais il faut garder en tête qu’un souvenir culinaire vieux d’une quinzaine d’années peut parfois magnifier le goût d’antan… et notre serveur, qui avait 10 ans à l’époque, effectivement, n’a pas pu vous confirmer l’exactitude de la saveur !Mais ce qui nous a le plus marqués, ce sont les larmes de notre responsable de salle que vous avez réussi à faire couler… Nous nous sommes pourtant pliés en quatre pour répondre à vos exigences, et comme vous le dites, vous avez rencontré toute notre équipe.Nous tenons à préciser que pour nous, le plus important est de soutenir nos collaborateurs, et certainement pas de les « virer » comme vous l’aviez suggéré. Car si notre maison existe depuis tant d’années, c’est grâce à leur professionnalisme et leur engagement.D’autre part, il est important de comparer ce qui est comparable. Les établissements étoilés que vous mentionnez proposent des prestations et une tarification qui n’ont rien à voir avec les nôtres. Nous ne sommes pas un restaurant étoilé.Enfin, concernant votre scénario où le propriétaire viendrait vous retrouver dans la rue pour vous menacer : sérieusement ? Où sommes-nous, dans un épisode de "Mafiosa" ? (Sans mauvais jeu de mots : tous les ingrédients sont présents : le patron Corse, les gendarmes, les menaces et le reportage photos...) Restons les pieds sur terre : nous faisons de la cuisine, pas du cinéma.En somme : profitons du présent, cessons de comparer avec un passé idéalisé, et savourons ce qui est là, dans l’assiette et dans le moment.Réveillons-nous de ce cauchemar (en cuisine) .Ps : Des confrères de la profession nous ont confirmé que votre attitude relevait du véritable cauchemar…